Opium

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Voilà bien le genre de fausse bonne idée qui à défaut de vous pourrir la vie quelques minutes – un peu comme quand on se cogne l’orteil à un pied de table ou quand on a le malheur d’allumer la radio pour entendre parler d’affaires au lieu de politique – peut vous entrainer dans des méandres pour le moins tentaculaire.

En vue d’un projet avec Koffi Roger N’Guessan, nous avons décidé de nous laisser sur le thé. En vérité ça serait plutôt l’inverse, c’est notre amour du thé à Robert et à moi qui nous a portés à utiliser ce breuvage comme prétexte à l’histoire d’une vie.

Seulement voilà, une fois que vous trouvez intéressant de raconter la vie d’une héroïne à travers son rapport au thé, vous avez tôt fait de lui trouver un amoureux, un amoureux qui ne trouve rien de mieux à faire que le reporter photographe cultivé pour dorer son égo (et pour partir se dorer la pilule au milieu d’un champ de tir, parce que c’est bien connu le napalm et les impacts de balles ça vous assure un teint frais de baroudeur canaille). Histoire de lui donner un peu de contenance, de bagout et de le rendre un brin paternaliste-moralisateur chiant, voilà que nous avons l’idée de le faire causer sur la première guerre de l’opium et sur le thé…

Ceci expliquant ce choix de lecture, parce que bon quitte à faire l’idiot avec deux trois dialogues autant que ces derniers aient du grain à moudre (ou de l’opium à bruler ou un long jing à boire).

Cet ouvrage est original parce qu’il propose une lecture plus sociale que vraiment historique de l’époque, des rapports entre la Chine et ses voisins, entre la Chine et les puissances d’alors (Grande Bretagne quand tu nous tiens) mais aussi entre les différentes strates du pouvoir chinois (de l’empereur aux paysans en passant par les fonctionnaires corrompus) ; le portrait qui se peint est plus détaillé et plus complexe que ce qu’on pourrait croire. Les méfaits de l’opium y sont revus parfois à la hausse, parfois à la baisse et surtout on y découvre tout un monde de tractation aussi guerrière que commerciale, le tout dans une perspective culturelle et morale étonnante (pour nos carcans et nos certitudes d’occidentaux).

En prime, on apprend à cultiver, récolter, confectionner, vendre et fumer l’opium… le rêve.

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